Quatre années. Quatre années rasées. Ce matin, je t »ai vu cher collège. Ce matin, je t’ai vu d’un autre angle, d’une autre expression. Ce n’était pas celle du dégoût mais du regret. Comme si ces bâtiments étaient mes piliers, ce qui ma soudée face à ces gens, à ces regards mauvais. Mon âme rodait, mes souvenirs restent, des larmes de mélancolie s’étalent sur mes joues. C’est là que j’ai appris, la culture, les bases, mais aussi la vie, en collectivité, l’espoir que chaque être doit avoir, l’espoir de trouver un au-delà, un meilleur monde, où tout le monde se respecte. Cette année, je l’ai trouvé, je me sens mieux. Mais en te voyant, c’est comme ci une partie de moi s’était effondrée comme ces murs. Bien sûr, il y a eu plus de mauvaises passes que de bonnes. Rentrée 6ème, je pensais trouver de mon âme d’enfant le besoin de se démarquer de se trouver, mais ces quatre années ont été un désastre psychologique. N’acceptant pas la différence et inventant un racisme du stylisme et de l’état d’esprit, ils m’ont injuriés, ne sachant pas ce qu’était la méchanceté, je me demandais pourquoi ils faisaient ça. Je n’ai toujours pas de réponse, malgré des discussions pour chercher le pourquoi du comment. En voyant ce vide devant moi, derrière la barrière de fer, la tour où ma salle favorite y était installée ; la salle d’arts plastiques, dans les couloirs, au bout d’un couloir, j’ai passé mon année de 4ème à étudier la géographie et l’histoire avec mme Lelan, en 6ème avec monsieur delaunay dont je n’écoutais pas ses cours, monsieur ducandas le prof le plus méprisant qui existe nous faisait passer les premières heures d’études en 6ème. Simon faisait des rosaces et nous apprenait la rose des vents. Ce cher prof avait une fâcheuse manie de faire passer son trousseau de clefs d’une main à l’autre, celui ci contenait une balle de golf. Quelle horreur. Si on longeait ce couloir, on arrivait à la salle de monsieur richeux. Celui ci était soit assis derrière son bureau ou sur une table d’un élève. Il nous lançait des catalogues, les feuilles de canson notées pour nos travaux pratiques fusaient dans cette salle de classe peu ordinaire. L’évier ne carrelage grouillait de pinceaux, de pots et de peinture sentant le moisi (ils restaient la plupart du temps dans l’eau. Je me souviens, un jour alors que je travaillais seule, j’ai nettoyé de fond en comble cet évier. Personne ne s’en ai rendu compte. Alors j’ai continué à travaillé ma « nana »de Niki de St Phalle. Le grillage à poule qui griffait les mains, qu’il fallait modeler pour en donner une forme humaine, cela m’a pris des semaines et des semaines. Alors pour avoir une idée du corps que je voulais je feuilletais les livres. Je suis tombée sur ce livre rose, aventure suisse de niki, sur un livre de Miro’, de Calder, son ami et collaborateur et des livres de Picasso, gaudi ; ce qui m’a donné cette passion pour l’art. bien sûr, j’aimais aussi bavasser avec ce ‘prof’ sur sa culture gargantuesque qu’il avait. Ce fût la seule pièce où e pouvais m’exprimer, où enfin quelqu’un me comprenait. Les amies, j’en ai changé pas mal, ne sachant plus trop qui j’étais, j’établissais des connaissances, pleines de confiance mais à chaque fois je ne trouvais pas ce que je cherchais. Ma première année dans cet enfer fût critiqué par mon nez et mon nom de famille. La deuxième, par la morale que je leur mettais, et qui me mettait hors de moi puisqu’ils n’écoutaient pas ne comprenaient pas et préféraient bousculer des tables et autres meubles dans les classes au lieu d’écouter les cours. J’ai beaucoup parlé avec les professeurs, puisqu’ils voyaient que je n’étais pas à l’aise avec les autres. The english teacher Mrs Pakenham, détestée par les élèves fût ma ‘confidente’. Et autres comme frau Laville… et j’en passe. En regardant ce collège fantôme, les souvenirs refont surface, mais bien trop personnels et ennuyeux à raconter. Ils restent dans ma mémoire, comme une sorte de placard. C’est qu’à la fin de cet enfer que j’ai compris que l’enfer est réellement les autres comme le dit si bien Sartre, mais l’enfer c’est aussi s’effondrer devant eux et les écouter. A la fin donc, après un ‘discours’ qui a choqué pas mal de personnes à la fin d’un spectacle théâtral, contre ceux qui n’apprécient pas le Molière et qui le sifflent. ça disait à peu près ça : « Bonsoir, j’espère que vous avez tous apréçié ce spectacle. Mais nous, comédiens, je vous informe que nous ne l’avons pas été à cause de vos sifflements et de vos moqueries. Vous pouvez, devant votre chère télé vous moquer de ce qui y passe en pouvant les critiquer, dire celui là il a une sale tête ou elle est trop moche, mais sachez que ces acteurs ne vous entendent pas ils sont derrière l’écran et s’en foutent pas mal, ils continuer à jouer. Ici, dans une salle de théâtre c’est le respect qui nous permet de jouer. Merci et bonne soirée. » Après ça, quelques gens m’ont applaudi, d’autres sont sortis. On m’a bien sûr félicité mais aussi critiqué. Je me suis dit que ces derniers n’avaient rien compris à la vie, qu’ils resteraient dans ce collège pourri rempli de méchanceté et que moi, je partirais dans quelques jours. Je ne les ai même pas regardé, et je pense que c’est la meilleure solution. J’ai quand essayé toutes les solutions avant, leur répondre, leur parler pour essayer de comprendre pourquoi ils faisaient ça… bordée de conseils, je déprimais malgré tout car ils étaient toujours là. Comme le jour où j’ai mis une mini jupe et de grandes chaussettes grises. Rien de choquant mais ils m’ont insulté du matin, à l’arrêt de bus jusqu’au soir même endroit. Tous les yeux étaient rivés sur moi. Les 6ème m’envoyaient des petites boules oranges de la haie, les plus grands me traitaient de pute alors que ma tenue n’avait rien de choquante en elle-même. Et évidement, des démons comme ça ne lâchent jamais l’affaire.bon, et bien maintenant tout est sorti et je suis contente que cela soir écrit noir sur blanc.